![]() |
Le Monde du 4/11/04 consacre un article aux négociations sur le droit de grève.
Limiter le droit de grève est l’un des objectifs de la droite "libérale" qui entend bien profiter de son statut d’écrasante majorité au parlement, qui ne sera peut-être pas éternel.
A l’inverse c’est un point symbolique sur lesquels les syndicats se sentent capables de mobiliser fortement si ce droit était rudement réduit.
Gilles de Robien, ministre (UDF) des transports, tente de marcher sur la ligne de crête. Il a obtenu de sa majorité de poursuivre, quelques mois, dans la voie de la négociation, plutôt que le légiférer.
L’idée est d’améliorer le dialogue social dans les entreprises de transport, de telle sorte que les points de friction qui pourraient déboucher sur une grève soient identifiés suffisamment à l’avance pour pouvoir être réduits à temps.
De telles dispositions ont été mises en oeuvre à la RATP, sous l’impulsion de la CFDT, depuis 1996 (voir notre article à ce sujet ). C’est un accord du même type qui vient d’être signé à la SNCF par sept des neuf fédérations de cheminots, y compris la CGT qui pourtant signe rarement.
Renonçant, provisoirement du moins, à une loi qui instituerait un "service minimum", le ministre des transports s’engage donc dans un processus de négociations qui prendra « plusieurs mois, compte tenu de la variété des réseaux dans ce secteur. » Des négociations difficiles aussi car pour obtenir des syndicats une « garantie d’un niveau de service pour les usagers », ce qui est un des objectifs du ministre, il va falloir imaginer des contreparties satisfaisantes, en matière de droit syndical, d’information des salariés et de concertation réelle.