Verts : CNIR de mars

lundi 20 mars 2006.par Philippe Ladame
 
Les Verts poursuivent la préparation de leur projet et de leur candidature pour 2007.

Le Conseil National Inter-Régional (CNIR) des Verts était réuni à Paris ces 18 et 19 mars 2006.

Une partie de la réunion a été consacrée à régler quelques différends comme cela arrive souvent par le biais de "motions d’urgence" [1].

C’est ainsi que le CNIR a voté une motion condamnant les propos récents de George Frêche, maire de Montpellier, président la communauté d’agglomération et le Conseil Régional. Cette motion du "parlement" national des Verts demande le remplacement de George Frêche à la région et à la comunauté d’agglo, faute de quoi "les Verts devront suspendre leur participation".

Cette décision semble un peu étonnante de la part d’un parti régionaliste et fédéraliste dans lequel les régions, certaines d’entre elles du moins, aiment affirmer leurs spécificités. Il faut dire que la région Languedoc-Roussillon est dans une situation un peu particulière dans la mesure où de sérieux conflits internes et des manquements aux règles ont amené à sa mise sous tutelle (c’est à dire que des contrôles, concernant les adhésions notamment, sont effectués et que des responsables nationaux viennent périodiquement tenter d’arbitrer les conflits).

Autre sujet de tension, alors que la procédure de choix du candidat Vert pour la présidentielle de 2007 est en cours, une procédure interne a été lancée en vue d’obtenir un référendum sur un soutien à une éventuelle candidature de José Bové.

Certains soutiennent que cette question a été tranchée, par la négative, quand lors de l’AG de Reims, les Verts se sont prononcés pour une candidature Verte. Ils estiment que le candidat des Verts doit être l’un des cinq candidats Verts à la candidature.

Mais la demande d’un referendum, quelque soit le sujet, est de droit chez les Verts s’il est demandé par 10% des adhérents. Cette demande a recueilli à ce jour 650 signatures, il en manque donc environ 200. Le CNIR du week-end a décidé de demander au CE (Collège Exécutif) de fixer au 31 mars le terme de recueil de ces signatures. (Cette partie des débats, interrompue par une alerte incendie, a fait l’objet d’un enregistrement audio en deux, gros, fichiers disponibles au format Windows Media.)

Ce CNIR de mars a par ailleurs permis aux Verts d’avancer dans la mise au point de leur "projet 2007". Intitulé « Inversons la tendance », celui-ci tient en quelque 70 pages.

Le journal Les Echos en livre la synthèse suivante : « Il se donne pour objectif de mettre l’écologie « au coeur des politiques publiques », en repensant la politique énergétique (avec sortie du nucléaire d’ici à 2030) et en revenant à la gestion publique de l’eau avec un tarif progressif selon la consommation. Il suggère, par ailleurs, d’aller vers les 32 heures et la semaine de quatre jours, d’étendre le RMI aux jeunes de 18 à 25 ans, « pour aller vers un revenu d’existence pour tous ». Sur le logement, les Verts demandent un rattrapage du retard dans la construction de logements sociaux, notamment en décuplant l’amende due par les communes ne respectant pas la loi SRU. Ils proposent aussi de donner le droit de vote et d’éligibilité aux résidents étrangers à toutes les élections et de régulariser tous les sans-papiers. Concernant le système fiscal, ils prônent un retour aux taux d’imposition de 2000 et la majoration du taux supérieur, un taux de TVA majoré pour les produits de luxe et les produits très nocifs pour l’environnement, comme les véhicules de grosse cylindrée. D’autres thèmes, comme l’Europe, la mondialisation, le plan banlieues, la culture, la VIe République doivent encore être précisés. »

[1] Il semble d’ailleurs que l’usage des motions d’urgence devrait diminuer à l’avenir, le CNIR ayant, semble-t-il, décidé que, désormais, elles devraient être déposées quatre semaines à l’avance.

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