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Martine Billard juge sévèrement les options prises en matière de transports.
Dans un communiqué du 14/12/05, la députée Verts dénonce la manière dont le gouvernement tente d’empêcher la mise en oeuvre d’une nouvelle politique des transports en Ile de France.
Effet de la loi de décentralisation de 2004, la région Ile de France, maintenant gérée par la Gauche et les Verts, devrait conduire, via le Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF), la politique des transports de la région. Mais le gouvernement s’emploie à lui compliquer la tâche. Après avoir tenté de lui imposer un service minimum (voir notre article), il essaye de conserver la main par une manoeuvre politicienne.
Un amendement "Devedjian", déposé en dernière minute, non discuté en commission et voté de nuit, impose que les décisions soient désormais prises à la majorité qualifiée des 2/3. Ce faisant, le gouvernement cherche à obtenir le maintien de son représentant, le Préfet de région, comme président du STIF, sans même fixer de limite de temps.
« Il n’est pas étonnant que cet amendement vienne du député des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, un proche de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et aussi Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, » analyse Martine Billard. « L’objectif vise à limiter la participation du Département des Hauts-de-Seine qui est déjà l’un des mieux desservis et l’un des plus riches, alors que l’effort commun en faveur de l’ensemble de la population francilienne, notamment les plus démunis, est plus que jamais nécessaire. Le prétendu intérêt porté à la vie quotidienne des Français s’évanouit dès que l’on passe au concret. »
Plus globalement, la députée Verte a critiqué, au cours de son intervention à l’Assemblée à l’occasion de la discussion de la loi "sécurité et développement des transports", l’orientation générale du gouvernement.
« Avec le partenariat public-privé, vous introduisez la logique du profit dans les décisions d’infrastructures, leur tarification et leur gestion, » a-t-elle expliqué. « Qui pourrait penser que les fonds qui investiront dans ce secteur ne demanderont pas de garantie de rentabilité ? C’est bien le problème ! Un pays vous a précédé dans cette voie, le Royaume uni, et les conséquences ont été catastrophiques. Introduire le privé dans l’infrastructure ferroviaire, c’est faire primer le profit sur le service public et l’aménagement du territoire. »
Jugeant que cette orientation, qui privilégie de fait les transports routiers, est contradictoire aux objectifs sociaux et environnementaux qui devraient être à l’ordre du jour, les députés Verts ont logiquement décidé de voter contre le projet de loi.