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Nous avons indiqué dans un article précédent l’opposition des Verts à la privatisation des sociétés d’autoroutes.
Au sein de la majorité, aussi, des voix se sont élevées pour s’en inquiéter. Ainsi le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale Gilles Carrez, membre de l’UMP, s’est déclaré « choqué » par cette décision prise « en catimini » et dont il estime qu’elle n’est « pas à l’échelle du problème » du déficit du budget.
La réaction de M. Bayrou a été vive, elle aussi, puisque le président de l’UDF, la jugeant « scandaleuse » a annoncé son intention « d’introduire un recours devant le Conseil d’Etat pour excès de pouvoir dès que le décret de privatisation aura été pris ».
Le premier ministre, Dominique de Villepin, a regretté les déclarations publiques de son allié, estimant qu’« il vaut mieux, entre familles proches, que nous réglions nos problèmes entre nous, plutôt que par le biais des radios et inquiéter les Français. »
Tentant de désamorcer la crise, Dominique Perben, le ministre des Transports, a expliqué que « les autoroutes restent dans le domaine public, c’est le droit de les exploiter pendant une certaine durée qui sera confié à des entreprises qui deviennent privées. A l’échéance des concessions, entre 2026 et 2032, celles-ci reviendront à l’Etat qui pourra les concéder de nouveau. »
On peut avoir une assez bonne vision de la complexité du système mis en oeuvre, en France, depuis une quarantaine d’années en lisant la présentation qu’en fait Jean-François Poupinel sous le titre Les Autoroutes Françaises. Une présentation qui n’est pas neutre toutefois, puisque Jean-François Poupinel est le directeur-général de ... Cofiroute ;-)
Un système complexe puisqu’il voit l’intervention de capitaux privés accompagner des décisions publiques. En effet, l’Etat reste seul décideur, par le biais de contrats de plan, des tronçons à construire. Cela a permis la construction de tronçons non rentables, monnayés par des allongements de concession (du moins jusqu’en 2001, puisqu’ensuite ces tronçons ont fait l’objet de subventions).
M. Poupinel explique bien que ces concessions ne deviennent généralement profitables que vers la douzième année (d’où le fait qu’elles soient prévues sur une durée longue de 35 ans). Le fait que le gouvernement choisisse de vendre ses parts justement à ce moment-là explique probablement que beaucoup s’interrogent.