La France en eaux troubles

mercredi 8 juin 2005.par Philippe Ladame
 
Pollution des eaux superficielles et souterraines : des scientifiques lancent à nouveau l’alerte.

La directive-cadre européenne sur l’eau de 2000 demandait aux Etats membres de parvenir à un "bon état" de l’ensemble des eaux en 2015 et imposait un état des lieux au 22 décembre 2004.

Un rapport a donc été rédigé par le Muséum d’Histoire Naturelle, sous la direction de Jean-Claude Lefeuvre. Son équipe a recueilli les données des six Agences de l’eau et compulsé les précédentes études. Conclusion, d’après Maire-Info.com : « seulement 25 % des masses d’eau naturelles sont classées en "bon état probable", 25 % sont classées "à risque" et 23 % présentent un "doute" (les données manquent ou bien il existe des incertitudes). 27 % des eaux, qui ont été fortement modifiées par l’être humain (comme les lacs de retenue des barrages), sont classées à part. »

Mais ce bilan, déjà préoccupant, n’est pourtant qu’une vue a minima. Comme l’explique Libération du 8/06/05, « Ces résultats sont essentiellement basés sur le tandem nitrates-pesticides, régulièrement analysés. Or, selon les auteurs, le bilan qu’ils présentent est largement en dessous de la réalité, car il ne tient pas compte d’un tas de substances, que ce soit des micropolluants comme les dioxines, les antibiotiques, les phtalates (que l’on trouve dans les plastiques) ou des polluants d’origine microbiologique, comme les microalgues ou les cyanobactéries. En effet, jusqu’ici, ces polluants n’étaient pas intégrés dans les états des lieux établis par les Agences de l’eau en France. Contrairement aux exigences des directives européennes, comme celle du 4 mai 1976 qui requiert un suivi de 99 micropolluants. »

A l’évidence, il faudra des efforts considérables pour parvenir à un bon état écologique de l’ensemble des eaux pour 2015. La "consultation sur l’eau" (voir notre article) n’y suffira pas, mais peut-être sera-t-elle l’occasion pour les citoyens de manifester leurs préoccupations à ce sujet.

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