Le pari du rassemblement de l’écologie

dimanche 14 septembre 2008.par Philippe Ladame
 
Réuni les 13 et 14 septembre 2008, le CNIR a confirmé l’orientation ébauchée au cours des mois passés.

Au cours de leurs "Journées d’été", à Toulouse, les Verts avaient fait un accueil enthousiaste au rapprochement des écologistes que marquaient les interventions de Cécile Duflot, Daniel Cohn Bendit, José Bové ou celle, par vidéo, de Nicolas Hulot (voir notre article sur ces enregistrements).

Cette volonté d’encourager et d’approfondir ce rapprochement, notamment dans la perspective des élections européennes, a été confortée, à l’unanimité, par les membres du Conseil National Inter-Régional, réunis à Paris ce week-end.

Le CNIR a en effet mandaté le Collège exécutif des Verts pour participer à un comité de campagne et prendre toute décision nécessaire à la bonne marche de ce comité de campagne.

Le texte adopté par le CNIR précise le cadre politique de ce rapprochement, en ces termes : « Le programme se déclinera autour de l’affirmation d’un projet de société dont l’écologie de transformation constitue l’axe central, avec pour objectifs la décroissance de l’empreinte écologique au niveau de l’Europe et la promotion des valeurs de justice sociale, d’égalité, de solidarité et d’approfondissement démocratique. »

Dans ce même document, les Verts proposent à leurs futurs compagnons de listes des éléments de ce qui pourrait constituer « une base programmatique partagée » :

- La remise en cause des politiques économiques libérales et productivistes, . menées à l’échelle de l’Europe et portées par le dogme de la croissance et de la consommation, en les désignant clairement comme étant l’origine de la crise environnementale.
- Le déficit démocratique européen devra figurer en bonne position de notre critique de l’Europe actuelle. La campagne défendra une démocratie européenne participative et transparente pour les citoyens. L’Europe fédérale des régions et peuples solidaires sera au cœur de nos interventions.
- Elle devra apporter des réponses globales et concrètes à l’ensemble des trois urgences : environnementales, sociales et démocratiques. Elle rappellera que les normes européennes ne sont que des bases minimales communes, qui ne peuvent en aucun cas empêcher les Etats de se doter de législations plus ambitieuses.
- Les dérèglements climatiques imposent que la priorité soit donnée à la sobriété, l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables.
- Le rappel de nos propositions et notamment que la sortie du nucléaire civil et militaire est au cœur de notre campagne.
- L’état de la planète et notamment les menaces sur la biodiversité exigent que de nouvelles directives soient prises au niveau européen dans le domaine environnemental.
- À l’heure où les causes environnementales et sociales portent atteinte à notre santé et mettent en péril les systèmes de santé et d’assurance maladie, des propositions devront être faites dans toutes les politiques européennes de manière à garantir le droit fondamental à la santé.
- Une réforme écologique de la PAC sera mise en avant avec comme exigence incontournable la souveraineté alimentaire globale et le développement de l’agriculture bio et des circuits courts de production.
- À l’heure où les difficultés de pouvoir d’achat touchent les plus pauvres, la campagne devra trouver des réponses concrètes sur la question du mieux-vivre, de la place du travail, de son utilité sociale et du niveau des revenus. Partout en Europe se développent des politiques de déréglementation des conditions et du temps de travail, des retraites, de l’assurance maladie, du salaire minimum et des services publics. Ces questions devront être défendues tout au long de la campagne européenne. Elle remettra en cause la « directive de la honte », symbole d’une Europe repliée sur elle-même.
- Face à la montée des tensions dans le monde et sur le continent européen, la campagne s’opposera à tous les nationalismes tout en respectant la diversité culturelle.
- Une politique européenne d’immigration et d’asile fondée sur le respect des droits humains. Ainsi une politique conséquente et cohérente de régularisation des personnes dites “sans-papiers” doit s’opposer à celle du “cas par cas” telle que pratiquée en France. Cette politique d’immigration et d’asile doit s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de nouveaux rapports Nord-Sud.

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